Bras gonflé après un cancer du sein : le lymphœdème
Le lymphœdème touche une femme sur six après un cancer du sein. Compression, exercice et soins adaptés permettent de le contrôler.
L'essentiel en 30 secondes
- Environ 17 % des femmes sont concernées, surtout après un curage de l'aisselle.
- La compression réduit le volume ; le drainage soulage surtout la douleur et la tension.
- Porter et se muscler progressivement est permis, et même protecteur.
De quoi s'agit-il
Après le traitement d'un cancer du sein, surtout quand des ganglions de l'aisselle ont été retirés ou irradiés, la lymphe du bras circule moins bien. Le bras, la main ou le sein peuvent gonfler : c'est le lymphœdème.
Qui est concernée
Environ 17 % des femmes en moyenne, et plus d'une sur cinq dans les études qui suivent les patientes de près. Le risque dépend du geste chirurgical : environ 20 % après un curage de l'aisselle, contre environ 6 % après la seule biopsie du ganglion sentinelle. Il apparaît surtout dans les deux ans qui suivent, mais peut survenir plus tard.
Les premiers signes
Une sensation de lourdeur ou de tension dans le bras, une bague ou une manche qui serre plus qu'avant, une différence de volume entre les deux bras. Plus on le prend tôt, plus il se contrôle facilement.
Le traitement
Il associe plusieurs éléments, chacun avec son rôle :
- La compression (bandages puis manchon sur mesure) : c'est elle qui réduit et stabilise le volume.
- L'exercice : les contractions musculaires pompent la lymphe.
- Les soins de peau : prévenir les coupures et infections du bras.
- Le drainage lymphatique manuel : il soulage la douleur et la tension. Deux essais menés en Belgique, dont l'étude EFforT-BCRL (194 femmes), montrent qu'il ajoute peu à la réduction du volume quand le reste du traitement est bien fait. Il garde sa place pour le confort et dans certaines situations.
Porter, soulever, faire du sport : c'est permis
On a longtemps conseillé de ne plus rien porter avec le bras opéré. L'essai américain PAL a montré qu'un renforcement musculaire progressif et encadré n'augmente pas le risque de lymphœdème, et le réduit même chez les femmes à qui on a retiré cinq ganglions ou plus. Le mot clé est « progressif ».
Quand consulter
- Au moindre gonflement ou sensation de lourdeur du bras, de la main ou du sein après le traitement.
Sans attendre, contactez votre médecin
Si le bras devient rouge, chaud et douloureux, avec ou sans fièvre (risque d'infection).

Au centre paramédical Agapé à Aubel, Alexandra Fortunato, kinésithérapeute, assure le suivi après cancer du sein (drainage lymphatique, bandages multicouches), tout comme Margaux Otten pour le drainage et les bandages.
Cet article informe et ne remplace pas une consultation. Chaque situation est différente : parlez-en à votre médecin ou à votre kinésithérapeute.
