Abdominaux hypopressifs : ce que dit vraiment la recherche
Les hypopressifs sont très populaires après l'accouchement. Les études montrent qu'ils ne remplacent pas le renforcement du périnée.
L'essentiel en 30 secondes
- Le renforcement classique du périnée est plus efficace que les hypopressifs seuls.
- Ajouter des hypopressifs à ce renforcement n'apporte rien de plus.
- Ils peuvent compléter un programme, sans le remplacer.
La technique
Les abdominaux hypopressifs consistent à expirer complètement, bloquer la respiration poumons vides et ouvrir les côtes comme pour inspirer. Le ventre se creuse et remonte. Cette technique est très présente sur les réseaux sociaux, souvent avec la promesse de « remonter les organes », « refermer le diastasis » ou « remplacer les exercices du périnée ».
Ce que montrent les études
- Pour les fuites et la descente d'organes : une synthèse de 2022 (sept essais) conclut que l'entraînement classique du périnée est plus efficace que les hypopressifs seuls. Ajouter des hypopressifs à cet entraînement n'apporte rien de plus.
- Pour la force du périnée : une revue de 2020 montre que les hypopressifs, le Pilates et d'autres méthodes pratiquées seules n'augmentent pas la force du périnée.
- Pour le diastasis : aucune étude solide ne montre qu'ils referment l'écart.
Une revue de 2023 résume : les hypopressifs « ne peuvent pas encore être recommandés de façon fiable ».
Faut-il les bannir ?
Non. Certaines femmes apprécient cette pratique : elle aide à prendre conscience de la respiration et de la posture, et elle ne présente pas de danger particulier. Elle peut compléter un programme. Le renforcement actif du périnée reste le traitement de référence, avec les preuves les plus solides.
Quand consulter
- Des fuites ou une pesanteur qui persistent malgré vos exercices.
- Un doute sur la bonne exécution de vos exercices.

Au centre paramédical Agapé à Aubel, Alexandra Fortunato, kinésithérapeute, accompagne les femmes pendant la grossesse et après l'accouchement.
Cet article informe et ne remplace pas une consultation. Chaque situation est différente : parlez-en à votre médecin ou à votre kinésithérapeute.
